Musiques du monde · Las Palmas
Quatre voix de femmes ont fait vibrer le WOMEX 2026 à Las Palmas
De la Bolivie au Mali, du Cap-Vert aux steppes du Kazakhstan : les plus belles émotions du WOMEX 2026 ont été portées par des voix de femmes. Luzmila Carpio y a reçu le prix d'artiste de l'édition, Hawa Kassé Mady Diabaté y a fait résonner l'héritage des griots, Carmen Souza son jazz lusophone et Aizhan Sultan les chants chamaniques d'Asie centrale. Retour sur une édition où les femmes ont tenu le haut de l'affiche.

Le WOMEX — la Worldwide Music Expo, le plus grand rendez-vous professionnel des musiques du monde — a tenu sa 32e édition du 21 au 25 octobre 2026 à Las Palmas de Gran Canaria, en Espagne, autour de l'Auditorio Alfredo Kraus, face à l'Atlantique. Plus de 2 500 professionnels venus de quelque 90 pays : foire, conférences, films et concerts showcases pendant cinq jours. Et quand les délégués racontent leur semaine, quatre noms reviennent avec la même émotion : quatre femmes, quatre voix, quatre continents.
Luzmila Carpio, la couronne de l'édition
La Bolivienne Luzmila Carpio a reçu le WOMEX 26 Artist Award, la plus haute distinction de l'édition, lors de la cérémonie du 25 octobre. Chanteuse quechua née à Qala Qala, sur l'Altiplano bolivien, elle porte depuis six décennies les chants de son peuple et les mélodies inspirées des oiseaux des Andes, avec un art qui n'a jamais cessé d'évoluer. Plus de 25 albums jalonnent ce parcours hors norme — dont Inti Watana – El Retorno del Sol (2023) —, des collaborations avec Miriam Makeba, Cesária Évora et Susana Baca, un engagement constant pour les droits des peuples autochtones, des femmes et de l'environnement. Une légende vivante, couronnée par ses pairs.
Hawa Kassé Mady Diabaté, la griotte du Mali
Autre voix, autre émotion : celle de Hawa Kassé Mady Diabaté, la griotte du Mali. Fille de Kassé Mady Diabaté, la « voix d'or du Mali » disparue en 2018, elle chante avec le Trio Da Kali, aux côtés du balafoniste Lassana Diabaté et du n'goniste Madou Kouyaté. Son album Toumaro, enregistré avec son père et paru en octobre 2025, a été numéro un du Transglobal World Music Chart : un adieu en musique, un héritage transmis de père en fille, et l'une des grandes claques de l'année pour les professionnels des musiques du monde — qui l'ont retrouvée à Las Palmas avec des étoiles dans les yeux.
Carmen Souza, le jazz lusophone du Cap-Vert
Sélectionnée par le jury parmi plus de mille candidatures, Carmen Souza a présenté son showcase officiel devant les professionnels du monde entier. La chanteuse capverdienne et portugaise y défend Port'Inglês, un album qui raconte les histoires méconnues de la présence britannique au Cap-Vert, entre morna, funaná et jazz — cette signature lusophone, sensuelle et érudite, qui fait d'elle l'une des voix les plus singulières de la scène actuelle. Sa fiche artiste est à découvrir sur Festival TV.
Aizhan Sultan, la voix des steppes
Quatrième coup de cœur des professionnels : Aizhan Sultan, chanteuse et compositrice kazakhe basée en Finlande, elle aussi en showcase officiel. Chant de gorge, guimbarde shanqobyz, poésie chantée des steppes (tolgau, terme) : son univers puise aux sources chamaniques d'Asie centrale pour mieux les réinventer, entre tradition et recherche — elle est aussi chercheuse doctorale à l'Académie Sibelius d'Helsinki. Une découverte qui a marqué les esprits.
Et dans les allées : One World Records
Le WOMEX se joue aussi dans les allées, là où se font les rencontres et les signatures. Carolina Vallejo y était chez elle : aux commandes de One World Records — le label derrière Toumaro de Hawa et Kassé Mady Diabaté et Bagola du Trio Da Kali, deux albums où elle signe production et post-production —, elle a enchaîné les rendez-vous, de ses amis Oliver et Mito à Bill Bragin, figure des scènes américaines. Ses publications de la semaine racontent une éditrice en pleine action, quand d'autres délégués se souviennent encore d'éditions passées, d'Abu Dhabi et de Herbie Hancock. À la clôture, les remerciements des professionnels présents la citaient, elle et son label : la preuve qu'à Las Palmas, One World Records comptait dans le paysage.
Quatre voix de femmes, un label qui monte, un marché mondial qui se réinvente : le WOMEX 2026 a donné le ton. Festival TV continue de suivre ces artistes — et de vous raconter, édition après édition, la planète des fêtes et des festivals.
D'après les publications de Carolina Vallejo et de Willi Klopottek, professionnels présents à Las Palmas, et les informations officielles du WOMEX (womex.com).
En pratique
L'événement : WOMEX — Worldwide Music Expo, 32e édition, du 21 au 25 octobre 2026, Las Palmas de Gran Canaria (Espagne), autour de l'Auditorio Alfredo Kraus.
La distinction : Luzmila Carpio (Bolivie), WOMEX 26 Artist Award, remis le 25 octobre 2026.
Les quatre voix : Luzmila Carpio (chants quechua, Bolivie) ; Hawa Kassé Mady Diabaté (griotte, Mali — Trio Da Kali) ; Carmen Souza (jazz lusophone, Cap-Vert/Portugal) ; Aizhan Sultan (Kazakhstan/Finlande).
Les albums : Inti Watana – El Retorno del Sol de Luzmila Carpio (ZZK Records) ; Toumaro de Hawa & Kassé Mady Diabaté (One World Records, 2025) ; Bagola du Trio Da Kali (One World Records, 2025) ; Port'Inglês de Carmen Souza (Galileo Music).
Le label : One World Records, piloté par Carolina Vallejo — production et post-production, musiques du monde.